Lorsque vous retournez une carte, elle peut apparaître « tête en bas ». Faut-il en tenir compte ? Cette question divise les cartomanciens depuis toujours. Voici un tour d’horizon des différentes pratiques pour vous aider à choisir la vôtre.
Le problème du jeu de 32 cartes
Dans un jeu de piquet classique, les figures (rois, dames, valets) sont réversibles : elles sont dessinées deux fois, tête-bêche. Impossible donc de savoir si elles sont à l’endroit ou à l’envers. Pour les cartes numérotées, c’est à peine plus simple : seules certaines cartes (le 7, le 9 et les as de certaines couleurs, selon les modèles) présentent une orientation visible.
Les cartomanciens qui veulent lire les renversements avec un jeu de 32 cartes marquent donc souvent le haut de chaque carte d’un petit point au crayon. D’autres, plus nombreux, ignorent simplement le sens avec ce jeu.
Avec le tarot
Le tarot, lui, présente des images orientées. Chaque carte peut donc apparaître à l’endroit ou renversée. Trois grandes écoles coexistent.
1. Ignorer le sens
Beaucoup de tarologues, notamment dans la tradition du tarot de Marseille, ne tiennent aucun compte des renversements. Ils redressent toutes les cartes et considèrent que la nuance est apportée par les cartes voisines et la position dans le tirage. C’est l’approche la plus simple pour débuter.
2. Le sens inversé
Une carte renversée prend le sens opposé de sa signification à l’endroit. Le Soleil, carte de joie, deviendrait tristesse ou échec. Cette méthode est facile à appliquer mais elle a l’inconvénient de dramatiser les lectures et de doubler mécaniquement le nombre de définitions.
3. Le sens atténué, bloqué ou intériorisé
C’est l’approche la plus répandue aujourd’hui chez ceux qui lisent les renversements. La carte renversée garde son sens, mais :
- atténué : l’énergie est présente mais plus faible ;
- bloqué : quelque chose freine son expression ;
- retardé : ce qu’elle annonce prendra plus de temps ;
- intériorisé : il s’agit d’un vécu intérieur plutôt que d’un événement visible.
Ainsi, le Soleil renversé ne parlerait pas de malheur, mais d’une joie retenue, d’un bonheur qui peine à s’exprimer ou qui arrive plus tard que prévu.
Comment choisir ?
Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise réponse. Ce qui compte, c’est la cohérence : décidez avant le tirage si vous lisez les renversements, et tenez-vous-y. Changer de règle en cours de lecture parce qu’une carte « tombe mal » n’a pas de sens.
Nos recommandations :
- Vous débutez ? Ignorez les renversements pendant les premiers mois. Concentrez-vous sur le sens des cartes, les positions et les associations.
- Vous êtes à l’aise avec votre jeu ? Essayez l’approche « atténuée » : elle enrichit la lecture sans la noircir.
- Vous utilisez un jeu de 32 cartes ? Le plus simple reste d’ignorer le sens.
Mélanger pour obtenir des renversements
Si vous décidez de lire les renversements, il faut que les cartes puissent se retourner lors du mélange. Le mélange à plat, décrit dans notre article sur la préparation du tirage, est le plus adapté. Vous pouvez aussi, après avoir coupé, retourner l’un des deux paquets avant de les réunir.
Veillez également à retourner les cartes sur le côté (comme on tourne la page d’un livre) et non de haut en bas, sans quoi vous inverseriez vous-même leur sens.
Et si beaucoup de cartes sont renversées ?
Un tirage où la majorité des cartes sont renversées est souvent interprété comme le signe d’une situation en suspens, d’un moment d’intériorisation ou de freins importants. Là encore, c’est une indication de tonalité générale, pas une fatalité.
En résumé
Tenir compte des cartes renversées est un choix personnel. Si vous le faites, préférez une lecture nuancée (énergie bloquée, retardée ou intérieure) à un simple sens contraire, et restez cohérent d’un tirage à l’autre. Pour approfondir la lecture des cartes entre elles, consultez notre guide des associations de cartes.