Les runes : signification des 24 runes et méthode de tirage

Les runes ne sont pas des cartes, mais elles occupent une place à part parmi les arts divinatoires. Gravées sur de petites pierres ou des plaquettes de bois, elles sont aujourd’hui utilisées comme un oracle, un peu comme on utilise le tarot ou le Petit Lenormand. Voici leur histoire, la signification des 24 runes et une méthode de tirage simple pour débuter.

Une écriture avant d’être un oracle

Les runes sont d’abord un alphabet. Les plus anciennes inscriptions connues datent des premiers siècles de notre ère et proviennent du nord de l’Europe (Scandinavie, nord de l’Allemagne, Danemark). Cet alphabet est appelé Futhark, d’après ses six premières lettres : F, U, Th, A, R, K.

Le Futhark ancien compte 24 signes. Il sera plus tard simplifié en Scandinavie (le Futhark récent, 16 signes) et adapté en Angleterre (le Futhorc anglo-saxon).

Chaque rune possède un nom qui est aussi un mot : Fehu signifie « bétail », Raidho « chevauchée », Sowilo « soleil ». Ces noms sont la base des significations symboliques utilisées aujourd’hui.

Les runes étaient-elles utilisées pour la divination ?

C’est une question débattue. L’historien romain Tacite décrit, à la fin du Ier siècle, une pratique germanique consistant à jeter des bâtonnets marqués de signes pour consulter le sort. Mais rien ne prouve que ces signes étaient des runes.

La divination par les runes telle qu’on la pratique aujourd’hui s’est surtout développée au XXe siècle, avec des méthodes et des significations modernes. Il est important de le savoir : on pratique une tradition récente, inspirée d’un alphabet ancien. La « rune blanche », présente dans certains jeux vendus dans le commerce, est par exemple une invention des années 1980.

Schéma du tirage en 3 runes : passé, présent, évolution
Le tirage en 3 runes, inspiré des trois Nornes de la mythologie nordique

Les trois familles de runes

Le Futhark ancien se divise traditionnellement en trois groupes de huit runes, appelés ættir (« familles »), chacun associé à une divinité nordique.

La famille de Freyr (le monde matériel et les débuts)

  1. Fehu (bétail) : richesse, ressources, gain.
  2. Uruz (aurochs) : force, vitalité, endurance.
  3. Thurisaz (géant) : obstacle, défense, prudence.
  4. Ansuz (dieu, souffle) : parole, message, sagesse.
  5. Raidho (chevauchée) : voyage, mouvement, bonne direction.
  6. Kenaz (torche) : lumière, créativité, compréhension.
  7. Gebo (don) : échange, partenariat, générosité.
  8. Wunjo (joie) : bonheur, harmonie, satisfaction.

La famille de Hagal (les épreuves et le temps)

  1. Hagalaz (grêle) : perturbation, événement imprévu.
  2. Nauthiz (besoin) : manque, contrainte, patience.
  3. Isa (glace) : immobilité, pause, blocage.
  4. Jera (année, récolte) : cycle, récompense des efforts.
  5. Eihwaz (if) : endurance, transformation, protection.
  6. Perthro (sens incertain) : mystère, hasard, ce qui est caché.
  7. Algiz (élan, protection) : protection, vigilance.
  8. Sowilo (soleil) : réussite, énergie, clarté.

La famille de Tyr (les relations et l’accomplissement)

  1. Tiwaz (le dieu Tyr) : justice, courage, engagement.
  2. Berkano (bouleau) : croissance, renouveau, famille.
  3. Ehwaz (cheval) : coopération, progrès, confiance.
  4. Mannaz (homme) : l’humain, la communauté, soi-même.
  5. Laguz (eau) : émotions, intuition, fluidité.
  6. Ingwaz (le dieu Ing) : achèvement, fertilité des projets.
  7. Dagaz (jour) : éveil, transformation positive.
  8. Othala (héritage) : foyer, racines, patrimoine.

Certaines méthodes modernes lisent aussi les runes renversées (tête en bas), avec un sens affaibli ou bloqué, comme pour les cartes renversées. Plusieurs runes étant symétriques (Gebo, Isa, Hagalaz…), elles ne peuvent pas être renversées.

Le tirage en 3 runes

C’est le tirage le plus simple et le plus utilisé. Il s’inspire des trois Nornes de la mythologie nordique, qui tissent le destin : Urd (ce qui a été), Verdandi (ce qui est) et Skuld (ce qui doit advenir).

  1. Placez vos runes dans une petite bourse en tissu.
  2. Formulez une question claire, en pensant à une situation précise.
  3. Sans regarder, tirez trois runes une à une.
  4. Posez-les de gauche à droite : passé, présent, évolution.
  5. Lisez chaque rune selon sa position, puis faites une synthèse.

Exemple

Question : « Comment évolue mon projet de reconversion ? »

  • Passé – Isa : une longue période d’immobilité, un projet resté « gelé ».
  • Présent – Kenaz : une idée claire, une compréhension nouvelle de ce que l’on veut faire.
  • Évolution – Raidho : le mouvement se met en place ; le projet prend la route.

Synthèse : après une phase de blocage, la personne voit enfin clair, et la tendance est au passage à l’action.

Runes ou cartes : que choisir ?

Les runes donnent des réponses brèves et symboliques, idéales pour une question précise. Les cartes, notamment le jeu de 32 cartes, permettent des tirages plus détaillés, avec des personnes (les figures) et des associations. Beaucoup de pratiquants utilisent les deux.

À retenir

  • Les runes sont un alphabet germanique ancien de 24 signes, le Futhark.
  • Leur usage divinatoire actuel est essentiellement moderne.
  • Chaque rune a un nom qui guide son interprétation.
  • Le tirage en 3 runes (passé, présent, évolution) est idéal pour débuter.

Comme pour tout art divinatoire, un tirage de runes est un support de réflexion, pas une certitude. Voir notre avertissement.

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