La cartomancie est l’art d’interpréter des cartes pour éclairer une question ou une situation. Le mot associe l’italien carta, « carte », et le grec manteia, « divination ». Concrètement, la personne qui pratique mélange un jeu, dispose un certain nombre de cartes selon un schéma précis, puis lit la combinaison obtenue en s’appuyant sur la signification traditionnelle de chaque carte, sur leur position et sur les liens qu’elles entretiennent entre elles.
Dans cet article, nous posons les bases : sur quels jeux se pratique la cartomancie, comment se déroule un tirage, ce qu’on peut raisonnablement en attendre… et ce qu’il ne faut pas en attendre.
Une pratique née avec les cartes à jouer
Les cartes à jouer apparaissent en Europe à la fin du XIVe siècle. Pendant des siècles, elles servent avant tout à jouer. Les usages divinatoires sont attestés de façon ponctuelle dès la Renaissance, mais c’est au XVIIIe siècle, en France, que la cartomancie prend la forme que nous connaissons. En 1770, un Parisien nommé Jean-Baptiste Alliette publie sous le pseudonyme d’Etteilla une méthode pour « se récréer » avec un jeu de piquet. C’est l’un des premiers ouvrages entièrement consacrés à la lecture des cartes.
Au XIXe siècle, la pratique se popularise grâce à des personnalités comme Marie-Anne Lenormand, dont le nom reste attaché à un jeu de 36 cartes. Pour aller plus loin, lisez notre dossier sur l’histoire de la cartomancie.
Les principaux supports
La cartomancie ne désigne pas un seul jeu, mais une famille de pratiques.
Le jeu de 32 cartes
C’est le support le plus traditionnel en France. Il s’agit d’un jeu de piquet (du 7 à l’as dans chacune des quatre couleurs). Chaque couleur correspond à un domaine :
- Cœur : sentiments, famille, joie ;
- Carreau : nouvelles, déplacements, échanges ;
- Trèfle : travail, réussite, stabilité matérielle ;
- Pique : obstacles, tensions, épreuves.
Nous détaillons chaque carte dans nos articles consacrés aux cœurs, carreaux, trèfles et piques.
Le jeu de 52 cartes
Certains cartomanciens utilisent le jeu complet, en ajoutant des significations aux cartes du 2 au 6. Cette méthode est plus rare en France et plus répandue dans les pays anglo-saxons.
Le tarot
Le tarot de Marseille compte 78 cartes : 22 arcanes majeurs, très symboliques, et 56 arcanes mineurs. On parle alors plutôt de tarologie, même si le terme de cartomancie reste correct dans son sens large. Voir notre comparatif jeu de 32 cartes ou tarot.
Le Petit Lenormand et les oracles
Le Lenormand compte 36 cartes illustrées d’images simples (la maison, le navire, le cœur, la clé…). Les oracles, eux, sont des jeux modernes créés par un auteur, avec leurs propres règles.
Comment se déroule un tirage ?
Quel que soit le jeu, un tirage suit généralement les mêmes étapes :
- Formuler la question. Une question claire et ouverte donne une lecture plus utile. « Comment puis-je améliorer ma situation au travail ? » vaut mieux que « Vais-je être riche ? ».
- Mélanger les cartes. Le consultant bat le jeu en pensant à sa question. Voir comment préparer et battre les cartes.
- Couper. Traditionnellement de la main gauche, en deux ou trois paquets.
- Tirer et disposer. Les cartes sont posées selon un schéma : une seule carte, trois cartes, une croix, etc.
- Interpréter. On lit chaque carte selon sa position, puis on observe les associations et la tonalité générale (beaucoup de cœurs, beaucoup de piques…).
- Faire la synthèse. On rassemble le tout en une réponse cohérente.
Nos guides pas à pas détaillent les tirages les plus courants : tirage en 3 cartes, tirage en croix, tirage oui ou non.
Cartomancie, voyance, tarologie : quelles différences ?
Ces mots sont souvent confondus.
- La cartomancie désigne l’interprétation de cartes selon un code symbolique. Elle s’apprend, comme une langue.
- La tarologie est la lecture du tarot en particulier.
- La voyance désigne une prétendue capacité à percevoir des informations sans support ou avec un support qui n’est qu’un prétexte. Elle repose sur la personne, non sur une méthode transmissible.
Sur ce site, nous nous intéressons à la cartomancie en tant que méthode : un ensemble de règles et de symboles que chacun peut apprendre.
Que peut-on attendre d’un tirage ?
C’est une question importante. Aucune étude scientifique n’a démontré que les cartes permettent de prédire l’avenir. En revanche, beaucoup de personnes trouvent dans la cartomancie un outil de réflexion : les cartes posent des images et des mots sur une situation, invitent à considérer des éléments oubliés, ouvrent un dialogue avec soi-même.
Un tirage peut ainsi aider à :
- clarifier ce que l’on ressent vraiment ;
- envisager plusieurs issues possibles ;
- identifier ce qui dépend de soi et ce qui n’en dépend pas ;
- prendre un temps de pause avant une décision.
En revanche, un tirage ne doit jamais remplacer un avis médical, juridique ou financier, ni conduire à une décision grave prise sur un coup de tête. Notre avertissement rappelle ces principes.
Faut-il un « don » pour lire les cartes ?
Non. La cartomancie traditionnelle repose sur des significations codifiées que n’importe qui peut apprendre. L’intuition joue un rôle dans la manière de relier les cartes et de les rapporter à la question, mais elle se développe avec la pratique, comme dans toute activité d’interprétation. Si vous souhaitez vous lancer, notre guide débuter en cartomancie vous accompagne pas à pas.
En résumé
La cartomancie est une pratique ancienne, apparue en France sous sa forme moderne au XVIIIe siècle, qui consiste à lire un ensemble de cartes selon une symbolique codifiée. Elle se pratique avec le jeu de 32 cartes, le tarot, le Lenormand ou des oracles. Utilisée avec recul, elle peut devenir un support de réflexion personnelle intéressant — à condition de garder son esprit critique et sa liberté de décision.